Barcelona, une promesse vague et forte

I.Barcelone et ses contradictions

Barcelona, la ville, son image, le sentiment progressif d’une certaine déposséssion et mal-être de grandes  couches de population ont fait perdre en partie le charme qui a éclaté il y presque un quart de siècle. Même  la critique internationale qu’avait chanté les gloires de l’urbanisme barcelonais devenait négative vers la fin du siècle. Les projets postolympiques à partir de la mi des années 90 plus ou moins discutables dont le sommet négatif a été le Forum mondial de la culture (2004). Les idées grandiloquentes avient été accompagnés par un projet urbain marginal et non accepté par la majorité des citoyens. Le retrait de la gestion publique  des principaux artisans (ou en tout cas les plus connus) sont revenus à la activité professionnelle et intellectuelle. Les urbanistes, architectes ou autres, ont été souvent substitués par architectes constructeurs d’objets. L’invasion des promoteurs que pendant les années 80 et début 90 avaient boudé l’intervention dans la ville sauf quelques opérations hautement spéculatives ont multiplié les prix du sol et  l’obsession de remplir tous les vides par des constructions quelconques. La magie que a éclaté en 1992 avec les Jeux Olympiques s’est stompé progressivement.

Mais la ville a continué a progresser avec des effets ambivalents. La réhabilitation du Centre historique est une réussite mais a été colonisé par le tourisme (Ramblas, Barceloneta) et  zones  populaires par l’immigration “non communautaire”. La grande zone prolétarienne au nord de la ville, Nou Barris,  a subi une magnifique transformation et la population se maintient  sur place, mais le reste de la ville connait trés peu cette intervention. Le vieux quartier industriel, Poble Nou, est devenu “zone 22@”, à vocation de “nouvelle économie”. La transformation a démarré lentement aux annés 90  et la crise du début du nouveau siècle l’a encore retardé. Les projets de logement social ou protégé en grande partie ne se sont éxécutés.  La grande opération à l’est de la ville (300 ha), basée sur la gare du TGV qui occupe seulement le 10% du sol, est presque paralysé. Idem avec la ligne 9 du metro  que devrait communiquer la périphérie est/nord avec le sud/ouest. C’est una opération trés coûteuse mais qui béneficie les classes populaires et aussi moyennes.

Par contre le gouvernement de la ville aprés Maragall, le maire charismatique des années 80 et des Jeux Olympiques, a été suivi par deux maires socialistes sans capacité pour relancer la ville (1997-20011). Profil bas, continuité des interventions de petite échelle et incapacité pour répondre aux effets de la crise a partir de 2007. Le gouvernement de Convergencia (centre-droite, 2011-2014) n’a pas reactivé la morosité publique. Au contraire a travaillé pour les grandes sociétés privés que gèrent les services publics (eau, déchets, gaz, eléctricité, etc) et a préparé des projets urbains que supposent la privatisation d’espaces publics (front de mer et portuaire principalement). La Mairie n’a pas défendu  les affectés par la crise comme en proie de la voracité des banques et caisses de dépôts. Les milliers de familles qu’on perdu leur logement à cause de la spéculation financière et des contrats contraires à la légalité comme a reconnu le tribunal européen.

Le malaise citoyen a été croissant. Minoritaire à la fin de siècle est devenu majoritaire  aujourd’hui. Un ensemble de causes générales et aussi locales, structurelles et conjonturelles. Et, comme toujours quand se produit un changement politique radical (selon les titres de la presse) il y a aussi des facteurs événementiels. La cause structurelle est la crise provoquée par une économie spéculative et par la corruption politique. En plus à la Catalogne, une grande partie de la société catalane, s’est sentie offensée par l’État espagnol historiquement pour des raisons culturelles, économiques et politiques. Et surtout par une sentence du Tribunal Constitutionnel (2010) que dénaturait le statut d’autonomie voté par 90% des parlementaires catalans, approuvé par la Cambre des députés et le Sénat de l’Espagne (aprés importantes modifications que limitaient l’autonomie) et voté finalement en referéndum par le peuple catalan.

La conjoncture a été la croissante mobilisation sociale et nationale en Catalogne que s’est exprimmé par le mouvement des “indignés” jeunes surtout contre la corruption et la dégradation de la democratie par un bipartidisme conservateur et éloigné des citadins et insensible aux problèmes sociaux. Aussi par les résistances des familles expulsés par les banques et défendues par la « Plateforme des affectés par les hipothèques » (PAH) dont la lider était Ada Colau. Et par la résurgence de catalanisme et l’independentisme que en quelques années  est passé de moins de 20% de la population à presque au 50% et seulement un 25% se prononçait contre. Les grandes manifestations de 2012, 2013 et 2014 ont mobilisé 2 millions de personnes pour le droit d’autodétermination et le cri d’indépendance était le plus fort. Probablement la moitié des indépendantistes le sont devenu à cause des facteurs plus généraux signalés et pour le comportement provocateur, répressif et fermé à quelconque négociation ou proposition.

II. La politique comme l’urbanisme ne tolère longtemps le vide

L´évènement a été l’apparition de nouvelles forces politiques ou qui étaient très minoritaires, de nouveaux liders charismatiques et de milliers d’activistes sociaux que se sont politisés. Cela se produit entre 2013 et 2014. Le noyau de Podemos est la pointe de l’iceberg plus visible en Espagne. En Catalogne Ada Colau avec la PAH et un ensemble de groupes plus ou moins formels (venant des « indignés », des mouvements antiglobalisation, alternatifs, des luttes de quartier, syndicalistes ou militants de gauche plutôt critiques, etc) ont décidé préparer une nouvelle formation politique, Guanyem (Gagnons) Barcelona pour participer aux élections municipales. Ces derniers mois des initiatives semblables se sont initié dans nombreuses villes de la Catalogne mais aussi du reste de l’Espagne. Le pari politique immédiat est différent et complémentaire entre Podemos et Guanyem. Les premiers ont comme objectif principal, presque exclusif, les élections genérales et ont l’ambition de conquérir le gouvernement espagnol. Par contre  Guanyem  a fait l’option de partir par le niveau local mais très emblématique, Barcelone, et s’appuyant sur une base militante cohérente.

La candidature gagnante, Barcelona en comú, a obtenu 11 conseillers et 25’2% des voix contre les pronostics que donnaient gagnant à priori le maire sortant de Convergencia, le centre-droit catalaniste (10 et 22’7%). La candidature lidérée par Ada Colau est produit d’une fusion d’une part entre les activistes des mouvements sociaux, Guanyem principalement, et d’autres collectifs alternatifs, souvent, sectoriels (la dette,  le système bancaire, les droits des immigrants, les associations de quartier, la e.democratie participative, pour un autre modèle énergetique et de mobilité, cooperatives, etc) et aussi militants desabusés de partis de gauche institutionalisés. Et d’autre part organisations politiques, partis ou pas, mais orientés vers les élections. Les partis plus formels sont les hérititiers du PSUC, Iniciativa per Catalunya et Gauche Unie, c’est dire les « postcommunistes ».  Mais il y aussi les noyaux de Podemos, très récents en Catalogne, le Procés Constituant liderè par un sœur benédictine, radicale anticapitaliste et farouchement indépendentiste et des groupes politiques à la gauche des socialistes. Les CUP (Comités d’Unité Populaire), ensemble de noyaux locaux, radicalement indépendentistes est assez différents entre eux. À Barcelone ont évolué aussi vers des positions très doctrinaires qui les rapproche de certains groupes maoistes ou troskistes et plut. Mais ils ont une activité de base et quelques liders brillants et ont obtenu un résultat non négligeable : 7,4% des voix, 3conseillers municipaux, les mêmes que le PP et  seulement un conseiller moins que le parti socialiste, les deux partis que répresentent le bipartidisme que depuis monopolisent l’Etat depuis les premières années de la démocratie.

Ada Colau sera Maire. Soit moyennant un pacte avec socialistes et rèpublicains (centre gauche) et la CUP. On verra si tous ou un ou deux de ces groupes participeront au gouvernement ou sur un programme ou soutiens ponctuels. Ou bien s’abstiendront et  elle maire étant la candidate plus votée. L’opposition de droite et centristes (CiU, Citoyens et PP) n’arrivent à à avoir la majorité absolue. Quelle sera la politique urbaine et plus concrètement l’urbanisme et les politiques qui on des rapports directs avec celui-là. On suivra la pente neolibérale par impuissance en y ajoutant programmes propres du capitalisme assistencialiste ? Evident ment non. Barcelone en commun existe comme réaction aux politiques des derniers 20 ans, l’économie spéculative, la fiscalité favorable aux riches et la tolérance envers le fraude fiscal, les privatisations des services publics (inclus les transports, l’éducation et la santé) et les abus des sociétés privés qui les gèrent ou sont concessionnaires, les politiques d’austérité que vont contre la majorité de la population et surtout les plus vulnérables, la répression « préventive » contre les couches sociales résistantes et les collectifs critiques, l’indifférence en face de la pauvreté, la corruption politique et privé, la résistance à soutenir les alternatives pour maintenir les biens communs limités (énergie, eau) l’utilisation de la démocratie « représentative » comme mécanisme reproductif et excluant de la majorité des citoyens. Tout cela a donné comme résultat l’urbanisme au service de l’accumulation de capital privé et contre la reconnaissance des droits des citoyens et de la reproduction sociale. On est en train de réduire la ville citoyenne à la ville marchandise. Les citoyens deviennent usagers et clients, non selon leurs droits, mais selon leur niveau d’inclusion, ou plus clair : leur argent.

III. Une nouvelle politique  que cherche ses racines dans l’histoire.

Une histoire urbaine riche de conflicts sociaux, politiques et culturels.  De Cerdà et son projet de « ville égalitaire » d’il y a 150  à l’urbanisme citoyen des récentes années 80 et la stratégie urbaine profitant de la candidature olympique, de les luttes populaires pour la démolition des murailles pendant la première moitié du XIX siècle (ce qui a permis dévélopper le Plan Cerdà) aux mouvements populaires des quartier et l’urbanisme alternatif des années 70 et qui a été un des axes de la résistance à la dictature et à donné contenu aux programmes  municipaux des premières années de la democratie, des courants utopistes socialistes et anarchistes d’il y à plus d’un siècle aux idées actuelles de démocratie radicale comme processus de transformation sociale anticapitaliste ou de alternative au procés de desdémocratisation dès la fin du XX siècle. C’est une nouvelle étape que devrait être une nouvelle transition politique et urbaine.

Peut on revenir aux politiques sociaux démocrates de la période lideré par le maire Maragall, des années 80 et jusque après les Jeux Olympiques (1992) ? Non exactement. Ni les conditions sont les mêmes, ni les priorités non plus. C’était une politique que  cherchait l’équilibre entre l’accumulation du capital privé, le protagonisme du secteur public pour garantir la qualité de vie de l’ensemble de la population et la reconnaissance des droits de tous les citoyennes et la réduction des inégalités sociales. Mais dans cette période on considérait l’accumulation publique et privée était le moyen de développer l’économie productive,  la ville avait un déficit d’infrastructure urbaine (équipements, espaces publics, réhabilitation de une grande partie du parc de logement, services publics, regénération des quartiers du centre historique et des quartiers populaire, etc) et on devait attirer investissements et demande externe (tourisme, congrés,etc).

Par contre maintenant on doit répondre a trois défis : la pauvreté dont les politiques sociales et l’intervention et contrôle des banques et sociétés que gèrent  des services d’interêt géneral (énergie, eau, éducation, santé, transports, etc) ;  le chômage que exige favoriser les activités économiques productives et aussi dans les secteurs sociaux, l’environnement et la qualité de vie ; et une politique active de sol et de production de logements pour les secteurs (majoritaires) que ne peuvent accéder a l’offre du marché. Il faudra aussi régler trois thèmes polémiques : les « grands projets », le tourisme et l’immmigration  et la « ville métropolitaine » (une question que la « classe politique » depuis la fin du franquisme jusque maintenant a été incapable de résoudre).

Voyons ces thèmes polémiques qu’ont un rapport avec l’urbanisme. Les grands projets dans les limites de la municipalité mais que vont au-delà vers l’aire metropolitaine  ne sont nombreux à court terme, mais sont importants. Un nouveau modèle de mobilité et la priorité radicale aux transports publics se traduit la ligne 9 de metro qui est presque paralysé pour manque de financement. C’est une très longue ligne que traverse toute la ville et se prolonge tant au nord-ouest comme au sud et assure une importante connectivité entre la ville et la couronne metropolitaine. On devrait ajouter á ce projet l’union des deux lignes de tram aux deux bouts de la ville sans la traverser. Un autre grand projet c’est l’opération a l’est de la ville (gare TGV/Sant Andreu-Sagrera) Celle-ci avance très lentement et devrait structurer une grande zone de plus de 300 ha à partir de la future gare de TGV (30 ha). Par contre les grands projets de la mairie que vient de perdre les élections sont plus que discutables. Les  projets autour du port et de la montagne de Montjuic que le surplombe sont opérations privés, touristiques et spéculatives. Et au pied de la chaîne littorale le projet de « portes de la ville » mieux vaut le laisser dormir, c’est la première phase d’une opération hautement spéculative pour les secteurs plus riches de la ville ou du tourisme. L’urbanisme des prochaines années sera surtout de petite et moyenne échelle, on retournera à un urbanisme citoyen proche à celui des annés 80 mais avec une intention plus marquée de réduire les inégalités sociales et de développer centralités, accéssibilités et espaces publics signifiants pour renforcer le sentiment de citoyenneté de tous les habitants de tous les quartiers et de la périphérie metropolitaine. Un « grand projet » sera tranformer le modèle de mobilité et en conséquence modifier la structure urbaine comme par exemple la création de superilôts à circulation très réduite (seulement par usage local).

Le tourisme est devenue une des principales « industries » de Barcelona. Il produit plus du 15% du PIB local. Barcelona jusqu’au aux années 80 était une ville peu connue dans le monde, même par la majorité des européens. (moyenne de séjour une nuit et demi). Ville de passage  pour les touristes dès les années 60, visiteurs de la Sagrada Familia et jeunes plus ou moins politisés curieux à cause de les mobilisations sociales et politiques des années 70. Même dans les milieux professionnels on s’intéréssait plus par Gaudi et l’architecture que par Cerdà, bien plus important, et l’urbanisme. La Mairie avait promotionné internationalement  la ville dès la nomination des Jeux et surtout sa célébration l’a fait connaître dans le monde. Le tourisme afflue aux années 90 et malgré la crise économique, on a eu quelques années défaillantes au début, ces dernières années a maintenu un rythme croissant. C’est aussi aux années 90 que le flux d’inmigration non communautaires a augmenté rapidement ce qui explique que la ville que tendait à réduire sa population a augmenté en plus de cent mille nouveaux résidants et si la crise a provoqué le départ d’une partie minoritaire le pourcentage d’inmigrés dépasse le 15% et dans certains quartiers et au centre historique peut arriver à plus du 30%. Barcelone. Ces deux phenomènes , très différents entre eux, coincident en une occupation de l’espace urbain et provoquent des sentiments chez les citoyens traditionnels (souvent d’origine par ses parents ou grands parents inmigrés aussi de la Catalogne ou des régions espagnoles) de desposéssion. En plus  le flux des touristes a des effets sociaux et économiques sur les zones affectés par ces flux (Centre historique, Barceloneta et prochains à la mer, etc). Se produit une pression sur les logements et sur le commerce quotidien, augmentation des prix, multiplication d’aparthotels et hotels, etc. Et la forte concentration de l’immigration de certains quartiers a aussi des effets socio-économiques : une population que en  se situe souvent dans le niveau bas dans revenus et que reçoit évidentment une quota des programmes sociaux (par exemple les bourses pour déjeuner à l’école) ou que fait supposer qu’ils prennent postes de travail aux autoctones, ce que c’est une idée presque toujours erroné. La nouvelle équipe que prendra au cours du mois de juin les rênes du gouvernement de la ville devra prendre mesures assez rapidement sur le tourisme car elle s’est engagé dans la campagne électorale : diffusion des hotels et aparthotels et suspendre les licences dans les quartiers déjà très « turistisés », développér une estratégie metropolitaine pour décentraliser l’activité touristique et l’opposition à la privatisation des zones citoyennes (comme le front de mer ou la zone portuaire citoyenne par usage touristique ou minorités riches).     

Le défi métropolitain que la démocratie répresentative à beaucoup de mal à résoudre.  Les élections municipales ont fait oublier la question metropolitaine. Mais si on expulse la réalité par la porte elle entre par la fenêtre. Barcelone (96 km2) et sa couronne (ajouter 450 km2) est un territoire inférieur à la ville de Madrid (plus de 600 km2), avec une population et une densité semblables. Il faut, pour cohérence fonctionnelle et cohésion sociale un gouvernement métropolitain. L’équipe de Barcelone en Commun est pour la ville métropolitaine mais il n’y a pas un projet politique-institutionnel elaboré. Il faut compter avec la résistance de beaucoup d’élus locaux et d’un patriotisme localiste. Et le gouvernement catalan n’est pas du tout entousiaste d’un pouvoir metropolitain. Mais c’es une exigence democratique et fonctionnelle et que permettrait une plus grande transparence, maintenant très opaque. Pour assumer l’urbanisme de grande échelle et la politique de sol et de logement, pour le contrôle et la gestion des grands services (eau, énergie, transports, environnement, etc), pour avoir une fiscalité unique (condition principale pour mener actions de redistribution sociales, pour élaborer et gérer un plan stratégique et coordinner les investissements), pour négotier avec les banques et les  entreprises (les grandes surtout) et exiger leurs responsabilités sociales. Une grande partie des politiques urbaines de Barcelone on des effets ou requièrent compatibilité avec celles de 35 communes  au minimum (les grands projets urbains, le tourisme, les programmes sociaux conditionnés actuellement par l’inégale fiscalité, la mobilité, etc).  Deux questions, interdépendentes, requièrent aujourd’hui une politique métropolitaine : l’environnement et la réconstruction de l’économie productive. La question est politique : il faut crée une Assemblée metropolitaine élue au suffrage universel. Les circomscriptions électorales seront les communes et dans la ville de Barcelone les Districts (arrondissements, dont la population est équivalente aux grandes communes de l’agglomération). Il existe déjà le cadre institutionnel el les instruments urbanistiques, il faut maintenant la légitimité que donne le suffrage universel et que les compétences sectorielles, indicatives ou de coordination volontaire deviennent éxécutives. Les communes et les districts de la ville auront une grande partie des compétences municipales actuelles et surtout l’éxecution ou la coopération des politiques metropolitaines.

CONCLUSION

La candidature Barcelone en commun se propose pratiquer une autre politique, la « nouvelle politique ». Il y a dans ce sentiment naïf quelque chose d’enfantin, adaniste, comme si l’histoire, la vrai, commençait avec eux. Ou comme écrivait Sartre dans Les Mots :é « le Progrés, ce long chemin ardu qui mène jusque moi ». Mais il y a aussi une conscience politique radicalement democratique. C’est le refus d’une démocratie « répresentative » qu’était devenue en grande partie une oligarchie, manque de transparence, soumission aux pouvoirs économiques et mediatiques, tolérance ou complicité avec la corruption, vocation à ne pas faciliter le rendement de comptes, résistance à créer et développer les mecanismes propres d’une démocratie délibérative,  difficulté à reconnaître les acteurs sociaux conflictuels, indifférence vers les groupes vulnérables s’ils ne sont pas très présents dans le cadre politique public (les immigrés, les vieux, les chômeurs de longue période, etc). Barcelone en commun fait partie d’un mouvement non seulement spécifique de Barcelone, Catalogne, Espagne. Mais aussi c’est un mouvement en Europe, Amérique, la Méditérranée, etc.

C’est un mouvement que lutte contre la desdémocratisation, que veut démocratiser la démocratie. On questionne l’Etat de droit actuel, non le concept, si ses limites présents, souvent sa dégénération, la non reconnaissance des droits légitimes même s’ils ne sont pas concretisés dans le cadre politico-juridique, et en plus le fait que beaucoup de droits reconnus dans la législation internationale et nationale (souvent dans les constitucions) sont oubliés par le développement légal et par les politiques publiques . Comme le droit au travail et au logement, l’accés universel à la santé et a l´éducation, le caractère public des « biens communs » comme l’eau et l’énergie et le contrôle strict ou la publification par les administrations publiques de la banque, le sol, la sécurité et l’accés aux technologies d’information et communication (et non la ridicule publicité de les « smarts cities »).  Cette contradiction entre la légitimité sociale et la légalité formelle va poser un problème politique et juridique. Les objectifs et les actions que devrait pratiquer Barcelona en Commun probablement devra se confronter avec la logique perverse et excluante du marché dans les affaires urbaines et les lois et les politiques des gouvernements actuels (Catalogne, Espagne et Union Européenne). Et aussi avec une partie des alliés indispensables pour avoir une majorité. Seulement le soutien d’une majorité sociale, l’appui de secteurs institutionnels de les Parlements, de la Judicature ou les médias et l’action conjointe avec les autres villes espagnoles et européennes pourra éviter l’echec d’une politique, vieille ou nouvelle, en tout cas indispensable.

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